• _5. Au clair de lune

    À midi, à l’Abbaye de Sainte-Croix, Vassily Chmykov et Jae-Yeon Won proposent un Beethoven encadré par Alessandro Scarlatti. La Sonate dite « Clair de lune », cette musique que le cinéma aime convoquer dès qu’il faut installer un peu de nuit, de mystère ou de mélancolie, côtoie la Sonate « Le Printemps » (1801), l’une des rares œuvres de Beethoven à avoir séduit immédiatement le public… et à ne jamais l’avoir quitté.

    _5. Au clair de lune
  • _6. Oiseaux de Paradis

    En fin d’après-midi, au Temple, Valentine et Gabriel Michaud, frère et sœur, font circuler la musique entre les siècles autour d’un thème inattendu : les oiseaux. Couperin, Piazzolla, les Beatles et quelques pages récentes s’y croisent librement. Blackbird, arrangé pour saxophone, y prend une couleur nouvelle — comme un standard passé par une autre latitude.

    _6. Oiseaux de Paradis
  • _7. Full sentimental

    Le soir, au Château de l’Empéri, la soirée glisse doucement vers des couleurs plus sentimentales. La Suite sentimentale de Claude Bolling, rendue célèbre par l’enregistrement avec Jean-Pierre Rampal resté plus de dix ans dans les classements Billboard, rappelle qu’un peu de jazz peut entrer dans la musique de chambre avec naturel. Mariel d’Osvaldo Golijov, pour violoncelle et marimba, rend hommage à une amie disparue dans une méditation simple et lumineuse. Puis vient Chausson et son Concert pour violon, piano et quatuor à cordes, œuvre singulière — ni sonate, ni concerto — écrite dans l’ombre de César Franck. Chausson mourut en 1899, à 44 ans, d’un accident de bicyclette, laissant une œuvre brève. Celle-ci en est sans doute le joyau, et la soirée, discrètement, bascule alors dans un sentiment plein.

    _7. Full sentimental
  • _8. Barry Lyndon

    À midi, à l’Abbaye de Sainte-Croix, trois musiciens pour un programme entièrement consacré à Schubert. Le grand Trio en si bémol majeur (1827), que Stanley Kubrick choisit pour accompagner les scènes les plus poignantes de Barry Lyndon, compte parmi les sommets de la musique de chambre : une mélancolie calme, presque lumineuse, écrite un an avant la mort du compositeur. Le Trio à cordes D. 471, resté inachevé, complète le programme : Schubert s’y arrête après un seul mouvement, laissant une pièce brève, dense, presque abrupte.

    _8. Barry Lyndon
  • _9. Château Populaire

    Le soir, au Château de l’Empéri, place à la fête. De Falla ouvre avec sa Suite populaire espagnole, six chansons andalouses revisitées ici pour violon, contrebasse et marimba. Mozart suit avec son Quatuor pour flûte, composé à Mannheim en 1777 pour un riche amateur — non sans quelques soupirs dans sa correspondance, où il confiait son peu d’amour pour l’instrument. Weber, en 1815, signe son Quintette pour clarinette, héritier direct du modèle mozartien qu’il admirait. Et Mendelssohn conclut avec son Octuor (1825), écrit à seize ans : une œuvre fulgurante, pleine d’élan et de lumière, où l’on entend déjà un génie courir plus vite que son âge..

    _9. Château Populaire