Jour 1
À midi, à l’Abbaye de Sainte-Croix, Frank Braley ouvre la 34e édition avec un programme qui ressemble à un carnet de curiosités. Debussy d’abord : les Préludes (1909-1913), laboratoire harmonique où la musique française change discrètement de planète. Gershwin ensuite, avec quelques songs de Broadway, dont The Man I Love, rejeté par plusieurs comédies musicales avant de devenir un standard. Hindemith et Stravinsky regardent alors le ragtime venu d’Amérique avec un mélange de fascination et de distance : l’un construit, l’autre stylise. William Bolcom, enfin, revisite ce monde avec ses Ghost Rags, hommage à la fois tendre et ironique à une Amérique déjà nostalgique.
Le soir, au Château de l’Empéri, la scène s’élargit. Khatchatourian et Nino Rota rappellent combien la musique de chambre peut être théâtrale, presque cinématographique. L’entr’acte de Carmen, arrangé par Ria Ideta pour clarinette, flûte et marimba, passe comme un sourire. Puis Bach arrive. L’Art de la fugue, laissé inachevé à sa mort en 1750, se transforme ici sous les mains du Trio Belli-Fischer-Rimmer : trombone, percussions, piano. Les lignes restent celles de Bach — rigoureuses, implacables — mais le rythme se met à respirer autrement. Trois siècles plus tard, la mécanique du contrepoint continue d’avancer avec une étrange énergie. Presque du groove.-
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_1. Do it again Frank!
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_2. L’art de la fugue. Ouverture marimba.
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